Bien que je n'en garde que peu de souvenirs, j'étais un élève turbulent à l'école primaire. J'adorais me chamailler.
Dans sa grande sagesse, ma mère décida à l'époque que si je voulais me chamailler, je devrais le faire dans un environnement adéquat et avec des partenaires
auxquels cela plairait. Elle m'inscrivit donc au club Hakudokan, pour y apprendre le judo sous la direction de Sensei Raymond Damblant.
J'ai pratiqué le judo pendant quelques années. Au dojo, je côtoyais occasionnellement un japonais trapu, au faciès patibulaire, et qui portait en général un plâtre quelque part (poignet, bras, tibia, etc.). C'était le professeur de karaté. Je n'aurais alors jamais cru que je puisse aspirer à devenir un jour, comme ce japonais m'apparaissait du haut de mes 14 ans, une brute.
J'entrepris aussi à l'époque l'étude de la guitare classique, qui me passionna immédiatement. Malheureusement, pour une question d'ongles, la guitare classique et le judo sont des activités incompatibles. J'abandonnai donc le judo, mais j'y avais d'ores et déjà suffisamment goûté pour apprécier ce qu'est un art martial.
Quelques années plus tard, lorsque je terminai mon baccalauréat en génie électrique, un ami m'introduisit au karaté par le biais du club de l'université de Montréal. C'est là que j'ai débuté ma carrière de karatéka sous la direction de Sensei Chanh Chau-Tran. Poursuivant l'entraînement pendant un an, j'obtins mes ceintures jaune et orange dans le style Chito-ryu. Mes études terminées, je me suis marié, j'ai déménagé et j'ai accepté un poste à temps plein dans le centre de recherches de Northern Telecom. L'université de Montréal devint soudain très loin de mon quotidien. En conséquence, j'abandonnai le karaté.
Deux ans plus tard, grâce à des bourses du gouvernement canadien et de mon employeur, je retournai aux études. Je m'exilai à Boston, au célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT), pour y poursuivre un doctorat en génie électrique et informatique. Par un heureux hasard, le club de karaté du MIT se situait juste en face de mon bureau. J'eu donc tôt fait de le repérer, au son, et de m'y joindre. Durant deux ans, je m'entraînai intensément à ce club, où l'on enseignait le style Shotokan. Recommençant ceinture blanche, je progressai jusqu'à obtenir, de Sensei Kazumi Tabata, la ceinture brune 3e kyu au printemps1986.
Ayant complété mon doctorat, mon épouse et moi sommes rentrés à Montréal où nous nous sommes établis provisoirement à l'île des sœurs, près de mon travail. Je joignis alors le club de karaté Shotokan Québec Hoitsugan. Sous la direction de sensei Jacques Petit, je progressai et me requalifiai en 1987 aux normes de l'AKJQ. Puis nous nous sommes acheté une maison à Laval, près de ma sœur et de ma mère, pour y fonder notre famille. Je joignis alors le Centre de Karaté Shotokan de Laval, situé tout près, où je m'entraîne depuis lors sous la direction stimulante de sensei Bryan Mattias. J'apprécie beaucoup l'enseignement que j'y reçois et l'ambiance qui règne au club.
Au fil des ans, j'ai obtenu les grades de Dan suivants:
- Shodan : juin 1991 devant Sensei Teruyuki Okazaki, Yoshiharu Osaka et James Field.
- Nidan : juin 1995 devant Sensei Shojiro Koyama.
- Sandan : mars 1999 devant Sensei Yutaka Yaguchi.
- Yondan : juin 2008 devant Sensei Teruyuki Okazaki, Hiroyoshi Okazaki et Frank Woon-A-Tai.