Je me plais à dire que j’ai donné mon premier oi-zuki en septembre 1973, j’avais alors 29 ans. Deux amis, déjà ceintures brune et verte, m’avaient recruté,
estimant que ça me ferait du bien. Ils ont eu raison. Plus de trente-trois ans plus tard, je donne encore des oi-zuki. Je considère que le karaté a marqué ma vie.
Le karaté m’a ouvert à un monde nouveau fait de gens généreux, curieux, engagés, qui ne reculent pas devant l’effort. Dans le Karaté-Do, j’ai rencontré des «combattants de l’idéal» qui travaillent à
parfaire leurs capacités physiques, mentales et spirituelles. Ils observent, bousculent, réagissent, forcent les interrogations et font comprendre.
Malgré les blessures et autres conséquences formatrices, ils encouragent et amènent ainsi à atteindre une meilleure connaissance de soi. C’est pourquoi je me suis engagé dans cette voie.
Je me suis entraîné pendant près de neuf ans avant d’obtenir le niveau de shodan, en avril 1982. Par la suite, tout en continuant mon entraînement de karaté, j’ai débuté la course à pied. Pendant un court laps de temps, cette dernière activité a pris le dessus. J’ai couru quatre ou cinq marathons, dont le meilleur en 3h18. Avec un «cardio» amélioré,
je me suis de nouveau recentré sur le karaté en 1985. Dès lors, je me suis entraîné encore plus fort qu’auparavant, ce qui a donné après deux essais, un grade de nidan en juin 1991.
Après, ça été le mur, hélas personne n’étant invulnérable, j’ai dû interrompre mon entraînement en 1994. Mais ce que l’on a dans la tête et dans le coeur demeure, tant et si bien qu’en 2000, je revêtais à
nouveau mon karaté-gi, au Dojo-Québec Shotokan, conscient que je retournais dans mon élément.
Je me suis retrouvé et j’ai rencontré de nouveaux partenaires. Par leurs encouragements et leur soutien, ils m’ont amené non seulement à mes premières compétitions, la Coupe Emil Pavaliu, mais aussi à obtenir le niveau de sandan, en juin 2006, au «Master Camp» à Philadelphie.
J’y ai vécu une expérience unique et enrichissante. Ce niveau n’est toutefois pas sans responsabilités. J’espère en être à la hauteur!